Il y a des randos qui te donnent juste envie de marcher, et il y a des randos qui te collent des frissons rien qu’en repensant au moment où t’as posé les pieds sur ses sentiers pour la première fois. Le Tour des Aiguilles d’Arves, c’est clairement dans la deuxième catégorie. On l’a fait, on l’a vécu, on a eu mal aux mollets, et on a dormi face à des glaciers. Bref, on vous raconte tout, avec les vraies infos, les vrais kilomètres et les vraies traces GPX à télécharger.
Cette randonnée du tour des Aiguilles d’Arves s’adresse aux marcheur·euse·s aguerri·e·s qui cherchent un itinéraire sauvage, encore peu fréquenté, entre Savoie et Hautes-Alpes. Si vous cherchez du monde sur les sentiers et des terrasses de refuge bondées, passez votre chemin. Si vous cherchez du silence, des marmottes et des aiguilles qui vous suivent du regard pendant 4 jours, vous êtes au bon endroit.

Sommaire
- Infos pratiques
- Résumé et traces GPX à télécharger
- Accessibilité : où est le départ, où garer sa voiture
- Jour 1 : Albiez-le-Jeune → bivouac aux pieds des Aiguilles
- Jour 2 : Plan Pradin → refuge du Goléon
- Jour 3 : refuge du Goléon → refuge des Aiguilles d’Arves → Albanne
- Jour 4 : retour vers Albiez-le-Jeune
- Conclusion
- FAQ : toutes vos questions sur le Tour des Aiguilles d’Arves

Infos pratiques
🏁 Distance totale : 97 km
↗️ Dénivelé positif total : environ 6 100 m D+
⏰ Durée : 5 à 6 jours – ici je vous indique en 4 jours
☀️ Période conseillée : de fin juin à mi-septembre. Attention, fin juin, il peut encore rester des névés résiduels au-dessus de 2 600 m. On vous conseille de vous renseigner auprès des offices de tourisme ou de professionnel·le·s de la montagne avant de partir.
💪 Niveau : franchement pas une balade du dimanche. Certaines montées demandent un bon niveau sportif, et une vraie expérience de la rando itinérante au long cours.
🟨 Le balisage : parfois approximatif . Prenez impérativement une trace GPX ET une carte IGN à jour. La plupart du temps, c’est du balisage jaune type PR (peinture jaune, piquets en fer dans les zones d’alpage, plaquettes de rappel « Tour des Aiguilles d’Arves »), mais sur certains petits tronçons, il n’y a tout simplement rien, ou alors un balisage d’une autre couleur qui prête à confusion.
😋 Ravitaillement : c’est LE point de vigilance de ce tour. Sur le tracé officiel, les points de ravito sont rares. Soit vous emportez de quoi tenir, soit vous imaginez vos propres variantes qui passent par les villages. Toutes les infos et la carte des points d’eau et de ravitaillement sont disponibles sur Géoportail.
⛺ Hébergement : vous pouvez dormir en refuge, en bivouac ou planter la tente à peu près partout où c’est autorisé (on vous raconte nos spots plus bas). La liste complète des hébergements est sur le site officiel du Tour des Aiguilles d’Arves.
Pour toute la partie logistique, on vous recommande vivement de faire un tour sur le site officiel du tour, tout y est bien répertorié et à jour !

Résumé et traces GPX à télécharger
Avant d’attaquer le récit jour par jour, voici le topo express de notre tour des Aiguilles d’Arves en 4 jours :
| Jour | Distance | D+ |
| Jour 1 – trace GPX à télécharger | 20 km | 1 400 m |
| Jour 2 – trace GPX à télécharger | 28 km | 2 200 m |
| Jour 3 – trace GPX à télécharger | 30 km | 1 600 m |
| Jour 4 – trace GPX à télécharger | 17 km | 800 m |
📍 Encart trace GPX : retrouvez ci-dessous, à la fin de chaque paragraphe « Jour », la trace GPX exacte que nous avons suivie, à télécharger directement pour la charger sur votre montre, votre téléphone ou votre GPS de rando.

Accessibilité : où est le départ, où garer sa voiture
Le point de départ que nous avons choisi est le parking d’Albiez-le-Jeune, un moyen parking gratuit, et clairement pas surchargé (on était littéralement seul·e·s dessus). Petit bémol : pas de boutique, pas de boulangerie sur place. Il faut prévoir ses ravitos avant. Il y a en revanche une fontaine pour faire le plein d’eau avant de partir. PS : cet endroit n’est pas forcément le point de départ habituel du GR.
Notre conseil : faites vos courses à Saint-Jean-de-Maurienne, ou alors attendez de passer par le col du Mollard, sur la station-village d’Albiez-Montrond (à 22 km de Saint-Jean-de-Maurienne, accessible par l’autoroute A43 et le TGV). Là-bas, vous trouverez tout ce qu’il faut : buvette, fromagerie, boulangerie, petits commerces.
Les points de départ possibles depuis la vallée de la Maurienne :
- Albanne
- Albiez-le-Jeune
- Albiez-Montrond
- Saint-Jean-d’Arves
- Valloire
Accès : gares de Saint-Jean-de-Maurienne ou Saint-Michel-Valloire, puis navette ou taxi, ou autoroute A43.
Les points de départ possibles depuis les Hautes-Alpes :
- La Grave
- Villar-d’Arêne
Accès : gares de Grenoble ou Briançon, puis bus ou taxi, ou départementale D1091.
Jour 1 : Albiez-le-Jeune → bivouac face aux Aiguilles (20 km · 1 400 m D+)
Départ à 10h, un peu tard le temps de faire les dernières courses et monter au parking. Les 5 premiers kilomètres se font en forêt, avec un peu de montée, mais rien de méchant pour se mettre en jambes.
Ensuite, 2 km de route goudronnée jusqu’au Mollard, où l’on trouve absolument tout pour se ravitailler pour la journée : café, boulangerie, fromagerie, charcuterie. Profitez-en, ce sera la dernière vraie occasion avant un moment.
On traverse la station, puis on enchaîne sur une grande piste 4×4 pendant au moins 5 km. Ça roule facile, et les Aiguilles se rapprochent au loin : magnifique. Pique-nique sur une table au kilomètre 10, pile en face du massif. Un moment suspendu, franchement parfait.

Vers le kilomètre 12, on quitte enfin la piste pour de petits sentiers plus mignons, direction le chalet de la Croë (attention, il n’apparaît que sur les cartes récentes) pour un petit ravito. Un tout petit refuge, avec un panorama superbe et des gens adorables. On a mangé une crêpe au sucre avec, disons, une générosité de sucre supérieure à celle du beurre, mais c’était délicieux. Petit conseil d’ami·e : goûtez la bière du Galibier.
Vous pouvez y dormir, en tente (12 €) ou en dôme trop stylé (68 €) face aux montagnes. Pas de réservation possible le midi et pour le goûter, en revanche c’est indispensable pour le soir : on vous conseille la fondue des alpages, un vrai bonheur après une journée de marche.

Après le chalet, on continue à travers de petits chemins dans les pâturages, au milieu des vaches, dans un cadre magnifique. On avait prévu d’aller jusqu’au chalet du Perron, mais on a laissé tomber : trop loin, trop de D+ pour la journée. À la place, on a déniché un spot de bivouac avec vue sur la vallée et sur les Aiguilles. Apéro, coucher de soleil, soirée magique.
Les temps forts du jour 1 : les Aiguilles au loin, les sentiers magnifiques, les vaches, le refuge et son ravito, l’apéro au coucher du soleil.
📍 Télécharger la trace GPX du Jour 1 : Albiez-le-Jeune → chalet de la Croë → bivouac (20 km / 1 400 m D+)




Jour 2 : Plan Pradin → refuge du Goléon (28 km · 2 200 m D+)
La plus grosse journée du tour, à tous les niveaux. Si vous voulez raccourcir le parcours, sachez qu’il existe une variante pour rejoindre directement le refuge des Aiguilles d’Arves, mais elle a l’air très minérale et costaude !!!!
Ça commence en douceur, par une petite montée dans les alpages, avec une lumière de début de journée absolument sublime. On rejoint l’intersection qu’on aurait dû prendre la veille pour aller au Perron.

Puis on descend, avant d’attaquer une montée très raide : 1 000 m D+ d’affilée, clairement pas pour les amateur·rice·s. C’est escarpé, mal balisé par endroits, il fait chaud niveau tenue vestimentaire (comprendre : on transpire), mais la vue sur les Aiguilles derrière nous est juste magnifique. Gardez bien les points jaunes et les poteaux à l’œil, c’est là que le balisage approximatif se fait sentir.

Une fois en haut, la vue est dingue, avec de gros glaciers en toile de fond. Un chemin de crête sublime, puis une descente raide, d’abord dans les cailloux, puis dans les herbes hautes. On aperçoit le refuge du Pic du Mas de la Grave, notre objectif pour la pause déjeuner. Le chemin étant assez récent, il n’est pas hyper facile à suivre : herbes hautes, ça glisse un peu. Attention aussi, le refuge ne sert plus après 14h, mais il y a de l’eau potable sur place.


Ensuite, piste 4×4 jusqu’à un petit village. Si vous suivez le tracé officiel, vous ferez un détour par les alpages, très joli, mais possibilité de couper si vous êtes fatigué·e·s.
On enchaîne avec la montée vers le col de la Martignare. Ça grimpe fort, mais le chemin est agréable. On continue dans les alpages, avec une vue superbe sur La Grave, sublimée par les couleurs du soir. Le dernier col est très minéral. Après, on continue sur les hauteurs avant d’entamer la descente, et on aperçoit enfin le refuge du Goléon. On plante la tente juste à côté (eau potable de source disponible), popote sur la terrasse face à La Grave, et dodo.
📍 Télécharger la trace GPX du Jour 2 : Plan Pradin → col de la Martignare → refuge du Goléon (28 km / 2 200 m D+)




Jour 3 : refuge du Goléon → refuge des Aiguilles d’Arves → Albanne (30 km · 1 600 m D+)
On commence par longer le lac du Goléon, avec les Aiguilles qui se reflètent dedans, magnifique. Et là, sans prévenir : une montée hyper raide et technique, 500 m de D+ d’un coup dans la caillasse. Attachez vos mollets, c’est un peu dangereux, restez concentré·e·s.


Au col, la vue s’ouvre sur la grande vallée qu’on va descendre. Contrairement à la montée, la descente se fait bien, on craignait un passage aussi technique mais non. On descend dans les alpages, avec plein de marmottes autour de nous.


En bas, on retrouve une piste 4×4 et un peu de monde, ce qui fait tout drôle après avoir été quasiment seul·e·s depuis le départ. On traverse un petit village (pas de ravito) et on attaque la montée vers le refuge des Aiguilles d’Arves. D’abord raide mais un peu ombragée, puis plus douce vers la fin, à travers des troupeaux de vaches. On aperçoit le refuge au loin, isolé au milieu de la montagne.



Après 15 km et 1 000 m D+, on s’est fait très très très plaisir au refuge des Aiguilles d’Arves: les gens étaient adorables. On vous conseille l’omelette des Aiguilles (fromage et viande), et en dessert le chocolat-noix ou le gâteau abricot-noix, un vrai régal.


On reprend la route en revenant un peu sur nos pas (environ 1 km) avant de prendre la déviation. S’ensuit un chemin en balcon sur environ 10 km, super agréable, qui descend par moments, avec une belle vue sur la vallée tout du long.
On passe par le village de Veyrnes, où l’on trouve des poubelles et une boulangerie (attention, plutôt chère). Un peu plus loin sur la route, il y a une buvette. Après le village, on enchaîne sur un chemin forestier de 2 à 3 km, puis on repart vers Albanne en remontant une petite montagne, avec 600 m de D+ à se mettre dans les pattes. La montée reste agréable, le chemin est facile.
En haut, attention aux troupeaux et restez respectueux avec eux, on a croisé 4 gros patous, plus impressionnants qu’autre chose. Petit conseil : montez jusqu’au Pain de Sucre pour la vue, ça vaut vraiment le détour.
📍 Télécharger la trace GPX du Jour 3 : lac du Goléon → refuge des Aiguilles d’Arves → Pain de Sucre (30 km / 1 600 m D+)

Jour 4 : retour vers Albiez-le-Jeune (17 km · 800 m D+)
Dernière ligne droite de nos treks du tour des Aiguilles d’Arves. On redescend du Pain de Sucre pour s’enfoncer sur de petits chemins forestiers adorables, avec une lumière de matin et des fleurs roses magiques. Environ 3 km de marche pour rejoindre Albanne, un petit village vraiment mignon. Vous y trouverez de l’eau, mais toujours pas de boutique pour le ravito.



Il reste ensuite 14 km jusqu’à Albiez-le-Jeune. On repart tranquillement sur une montée pas trop raide, à travers une station de ski. Le chemin est facile et dégagé, avec une super vue.
Un peu plus haut, on quitte la station pour emprunter un petit sentier qui grimpe sur les dernières centaines de mètres de D+. Superbe, et ça se fait sans forcer. Au sommet, on retrouve la vue sur les Aiguilles d’Arves et sur toute la vallée, avec Albiez-le-Jeune qui apparaît au loin. S’ensuit un petit kilomètre sur la crête, un peu impressionnant : si vous êtes sensible au vertige, restez vigilant·e·s.

Puis vient la dernière descente, par un petit sentier en forêt. Plus que 6 km pour rejoindre le parking. On ne croise à nouveau personne.
📍 Télécharger la trace GPX du Jour 4 : Albanne → station de ski → crête → Albiez-le-Jeune (17 km / 800 m D+)
Conclusion
Un itinéraire magnifique, mais clairement exigeant. Petit conseil d’ami·e : ne faites pas comme nous, ne doublez pas les étapes, prenez le temps de savourer. Cette randonnée du tour des Aiguilles d’Arves est magnifique de A à Z, avec de belles grimpettes qui font mal aux cuisses mais tellement de vue en retour, et surtout, presque personne sur les sentiers, ce qui devient rare dans les Alpes aujourd’hui.
On recommande ce tour à tous·tes les habitué·e·s des treks au long cours qui cherchent quelque chose de nouveau, sauvage et encore peu connu. Si vous cherchez LE tour des Aiguilles d’Arves en 4 jours qui va vous rappeler pourquoi vous marchez, celui-là coche toutes les cases.
FAQ : toutes vos questions sur le Tour des Aiguilles d’Arves
Quel est le niveau requis pour faire le Tour des Aiguilles d’Arves ?
Il faut un bon niveau sportif et une vraie expérience de la randonnée itinérante. Certaines montées dépassent les 1 000 m de D+ d’affilée, sur des sentiers parfois raides, techniques et mal balisés.
Quelle est la meilleure période pour faire ce tour ?
De fin juin à mi-septembre. En début de saison, attendez-vous à croiser des névés résiduels au-dessus de 2 600 m. Renseignez-vous auprès des offices de tourisme locaux avant de partir.
Où se garer pour démarrer le Tour des Aiguilles d’Arves ?
Le parking d’Albiez-le-Jeune est gratuit et généralement peu fréquenté. Attention, il n’y a ni boutique ni boulangerie sur place, uniquement une fontaine d’eau.
Peut-on faire le tour en dormant uniquement en refuge ?
Oui, plusieurs refuges jalonnent le parcours (chalet de la Croë, refuge du Pic du Mas de la Grave, refuge du Goléon, refuge des Aiguilles d’Arves). Pensez à réserver, surtout pour les nuitées.
Le ravitaillement est-il facile sur le parcours ?
Non, c’est le point à anticiper. Le tracé officiel comporte peu de points de ravito. Il vaut mieux prévoir ses propres provisions ou organiser des variantes passant par les villages.
Peut-on raccourcir le Tour des Aiguilles d’Arves ?
Oui, une variante permet de couper directement vers le refuge des Aiguilles d’Arves dès le deuxième jour, mais elle est décrite comme très minérale et exigeante.

Charlotte
de Topo-outdoor« Courir et randonner, c’est une passion ! Mais attention, pas pour la perf’ : juste pour le kiff. Alors ici, vous trouverez ma quête des meilleurs plans et des meilleurs spots pour gambader en Belgique et ailleurs.«
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